L’Assemblée générale des Nations unies a adopté cette semaine, une résolution qui fait date. Après des décennies de silence, la traite des Africains réduits en esclavage est officiellement qualifiée de « crime contre l’humanité d’une gravité extrême ». Le texte, porté par le Ghana, a été approuvé par 123 États. Un chiffre massif. Mais derrière l’évidence, il y a des absences qui crient.
Les États-Unis et Israël ont voté contre. Le Royaume-Uni, la France et l’ensemble des pays de l’Union européenne se sont abstenus. Ni oui, ni non. Ni pour, ni contre. Le silence, en quelque sorte. Ceux qui ont bâti leur richesse sur les chaînes et les cales des bateaux négriers refusent de dire leur honte.
L’initiative ghanéenne ne se contente pas de mots. Elle ouvre la voie à des excuses officielles et à une démarche de justice réparatrice. Pas de montant chiffré, pas de calendrier précis. Mais une brèche. Après des siècles d’oubli, les descendants des millions d’Africains arrachés à leur terre peuvent enfin espérer une reconnaissance juridique de leur martyre.
123 États ont dit oui. C’est une majorité confortable. Mais les abstentions et les non en disent long sur les réticences du monde occidental à regarder son passé en face. L’esclavage n’est pas une page tournée.
C’est une blessure encore ouverte, qui saigne encore dans les inégalités économiques, les discriminations raciales, les mémoires blessées.





