L’Assemblée Législative de Transition a adopté une nouvelle charte. Fini les textes provisoires. Place à la Charte de la Révolution. Le glissement est sémantique, mais pas que. Il traduit une volonté d’ancrer dans la durée la dynamique enclenchée depuis 2022. Le changement de nom n’est pas anodin.
Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, pourra désormais se présenter aux prochaines élections. Présidentielle, législatives, municipales : il est éligible. Jusqu’ici, la question de sa candidature restait en suspens. Le texte lève le voile. Ceux qui attendaient un retrait savent désormais à quoi s’en tenir.
Le gouvernement de Transition devient le « Gouvernement du Peuple ». L’Assemblée Législative de Transition devient « Assemblée Législative du Peuple ». Les mots pèsent. Ils disent que l’époque n’est plus à l’intérim, mais à la construction durable. Le peuple est au centre. Le vocabulaire a changé, la ligne aussi.
Le 1er avril 2025, le Capitaine Ibrahim Traoré avait prévenu : « Nous ne sommes pas dans une démocratie. Nous sommes bien en Révolution Progressiste Populaire. » Un an plus tard, la charte donne corps à cette affirmation.
Cette adoption survient alors que les résultats sécuritaires commencent à se voir. Les zones se libèrent, les axes se sécurisent, l’armée reprend l’avantage. Dans ce contexte, les autorités estiment que le peuple doit pouvoir choisir ceux qui mènent le combat. La Charte de la Révolution, c’est l’outil juridique pour aller jusqu’au bout.





