Le Burkina Faso s’est doté d’une stratégie nationale de gouvernance des frontières pour la période 2026-2030, une décision majeure annoncée mardi 21 avril par le ministère de l’Administration territoriale. Ce document arrive à point nommé dans un contexte où les zones frontalières du pays sont devenues des couloirs de passage pour les groupes armés qui circulent entre les États de la région. La volonté du gouvernement est claire : remettre de l’ordre là où, trop souvent, le vide a profité aux ennemis de la nation.
L’objectif principal de cette stratégie est de rétablir le contrôle de l’État sur les espaces frontaliers, ces territoires éloignés où la présence administrative s’est parfois réduite comme peau de chagrin ces dernières années. En renforçant l’autorité de l’État dans ces zones, les autorités entendent casser les dynamiques qui ont permis aux groupes terroristes d’installer leurs bases arrières et de circuler presque librement entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Il ne s’agit pas seulement de sécurité militaire, mais aussi de redonner aux populations locales des services publics qui leur permettent de se sentir protégées et soutenues.
La nouvelle feuille de route place la sécurité des populations habitant les zones frontalières au cœur de ses préoccupations, car ces villageois vivent dans la peur constante des incursions armées, des enlèvements et des exactions de toutes sortes.
L’une des grandes nouveautés de cette stratégie est l’intégration des frontières aériennes dans le dispositif national de contrôle, un secteur jusqu’ici moins surveillé que les passages terrestres traditionnels.
Les groupes armés ont en effet développé l’usage des drones pour leurs opérations de renseignement et parfois même pour larguer des explosifs, ce qui rend indispensable une surveillance accrue de l’espace aérien frontalier. Cette mesure montre que le Burkina Faso s’adapte aux nouvelles menaces et ne se contente plus des méthodes héritées du passé qui ont montré leurs limites.





