Dans le processus de reconstruction de la nation, la protection de la jeunesse constitue un impératif moral et politique absolu. Les jugements récents rendus à Tenkodogo, sanctionnant de peines d’une clémence regrettable des violences sexuelles graves commises sur des mineures, ont suscité un choc légitime au sein de l’opinion publique. Face à cette situation, la réaction immédiate des autorités traduit une volonté manifeste d’assainir les pratiques et d’imposer une fermeté exemplaire au nom de l’intérêt supérieur du peuple.
La circulaire transmise par le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, aux procureurs généraux et aux procureurs du Faso marque une rupture nette avec les habitudes du passé. Les nouvelles directives proscrivent l’usage des arrangements amiables, de la médiation ou de la composition pénale pour toute infraction à caractère sexuel commise contre des enfants. L’interdiction des peines légères ou de travail d’intérêt général au profit de réquisitions réclamant le maximum prévu par la loi redonne au droit sa pleine valeur dissuasive.
Cette orientation s’inscrit au cœur même de la Refondation. La souveraineté d’un État s’affirme prioritairement dans sa capacité à préserver l’avenir de ses enfants et à garantir la sécurité de chacun sans concession. La décision du Parquet d’interjeter appel dans les affaires de Tenkodogo témoigne d’un réalignement salutaire entre l’action judiciaire et l’exigence citoyenne de justice. La construction d’un ordre judiciaire endogène repose sur le respect inconditionnel de la dignité humaine et sur le refus de l’impunité.
L’implication personnelle demandée aux magistrats du ministère public doit garantir que la protection de l’enfance demeure une priorité transversale. En veillant à l’application rigoureuse des textes, l’appareil judiciaire renforce son rôle de protecteur des valeurs de la société. Face aux violences exercées contre les membres les plus vulnérables, l’intransigeance de la loi et la vigilance collective posent les jalons d’un avenir juste et maître de son destin.





