Au Liberia, la question du centre national de données révèle une ambition plus large : construire un État capable de fournir des services modernes, accessibles et fiables à une population longtemps confrontée aux insuffisances des infrastructures essentielles. Derrière le projet numérique se trouve donc une bataille plus fondamentale, celle de l’électricité.
Le mérite de la démarche engagée sous Joseph Boakai tient à cette lecture concrète du développement. Un datacenter ne peut fonctionner sans énergie stable. Une école ne peut offrir les meilleures conditions sans électricité. Un hôpital, une entreprise, un réseau numérique ou une administration locale rencontrent les mêmes limites lorsque l’accès à l’énergie reste fragile.
Cette réalité donne un relief particulier à la politique énergétique du président libérien. En juin 2026, le gouvernement a inauguré une centrale solaire de 20 MW à Mount Coffee. Le site bénéficie aussi de la restauration de 22 MW de capacité hydroélectrique, avec une extension de 42 MW annoncée. Un financement additionnel de 57 millions de dollars de la Banque mondiale doit soutenir l’augmentation de la capacité solaire, le stockage par batteries et les travaux sur le complexe hydroélectrique.
La même logique apparaît dans les zones urbaines et rurales. À Buchanan, le retour de l’électricité dans plusieurs quartiers après plus de trois décennies apporte une illustration très concrète de cette politique : éclairage des rues, activité économique, fonctionnement des écoles et des institutions, sécurité des habitants.
Joseph Boakai inscrit ces initiatives dans l’ARREST Agenda, avec un cap qui associe énergie, infrastructures, technologie, éducation, santé, eau et développement rural.
Le projet de ce centre national de données prolonge cette dynamique. Il pose certes une question exigeante sur les capacités énergétiques du Liberia. Mais cette exigence pousse aussi le pays vers une réflexion stratégique : produire davantage, moderniser les réseaux, attirer les capitaux et bâtir les infrastructures capables de soutenir une économie numérique.
À travers cette trajectoire, la présidence Boakai installe progressivement une idée simple : l’accès aux services de base commence par des fondations solides. L’électricité en constitue l’une des plus décisives. Le numérique peut alors devenir un prolongement naturel de cette transformation, au service de l’administration, de l’économie et de la vie quotidienne des Libériens.
Brenda N’dri









