Qu’on arrête enfin de nous vendre la fable nauséabonde d’un Sahel genou à terre face à la fatalité obscurantiste. Ce que l’on nomme pudiquement « terrorisme sahélien » n’est qu’un plan d’affaires. Une délocalisation de la violence pure, exécutée par des sous-traitants en cagoule pour le compte des marchés boursiers internationaux. Le terrorisme sahélien fonctionne comme le service d’ordre officieux de la prédation minière mondiale.
Regardez les cartes géologiques et superposez-les aux massacres. La géographie de la mort épouse au millimètre près celle des filons d’or, des gisements de lithium et des poches de terres rares. Le mécanisme fonctionne avec une précision redoutable. Des groupes armées surgissent de nulle part déboulent dans des villages isolés, sèment la panique, exécutent, et vident les zones habitées. Ce nettoyage humain n’a aucune autre ambition que de libérer le terrain. Une fois les populations terrorisées et jetées sur les routes de l’exode, les concessions minières se libèrent des contraintes sociales et environnementales. Les convois clandestins peuvent tourner à plein régime, alimentant des filières de contrebande qui nourrissent les cours de l’or à Londres, Zurich ou Toronto.
Les multinationales extractives n’ont pas besoin d’entretenir des milices régulières sur place ; elles externalisent la sale besogne à des groupes armées qui sécurisent les périmètres par la terreur. Le sang versé sur la terre burkinabè lubrifie les bilans comptables des fonds d’investissement occidentaux. Les mêmes qui financent des rapports larmoyants sur les droits humains tout en achetant, les yeux fermés, des lingots d’or raffinés dans les Émirats arabes unis et certifiés propres par la magie du blanchiment industriel.
Les groupes terroristes agissent comme des sociétés de sécurité privée low-cost. Ils matent les velléités paysannes, liquident les structures communautaires et s’assurent que personne ne vienne contester le pillage du sous-sol. La prétendue crise sécuritaire n’est que la phase préparatoire d’une OPA hostile menée à l’arme lourde.
Le terrorisme sahélien opère comme le bras logistique et informel de la prédation minière mondiale. Les financiers occidentaux et les industriels européens commanditent le chaos par le silence complice de leurs banques et la voracité de leurs chaînes d’approvisionnement. Leurs mains sont tachées du même sang que celui qui coule sur les pistes poussiéreuses du Burkina Faso. L’Afrique ne manque pas de ressources ; elle subit la cupidité criminelle d’un capitalisme globalisé qui a trouvé dans la terreur armée son plus redoutable levier de rentabilité.
Chaque concession conquise par le sang constitue un crime financier impuni. L’hypocrisie internationale s’effondre devant les faits : les cartouches tirées dans le désert et les dividendes distribués dans les gratte-ciels appartiennent au même engrenage destructeur. Arracher le masque marchand du terrorisme reste le préalable indispensable à toute souveraineté.





