Ghana : à Accra, l’Afrique veut reprendre la main sur son destin économique

Ghana

À Accra, le débat sur l’avenir africain prend une dimension politique majeure. À l’ouverture de l’Elevate Africa Annual Convening 2026, dirigeants, anciens chefs d’État et acteurs du développement ont porté une ambition commune : donner à l’indépendance africaine une traduction économique capable de transformer durablement la vie des populations.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a posé le défi avec clarté. Après les combats pour la liberté politique, une nouvelle génération doit conquérir davantage de maîtrise sur les ressources, les choix économiques et les perspectives d’avenir du continent. Cette ambition intervient dans un contexte mondial où le financement du développement se complique et où la technologie redéfinit les rapports de puissance.

L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a, pour sa part, rappelé une exigence fondamentale : aucun projet de transformation durable ne peut réussir sans des institutions solides, une gestion publique rigoureuse et des compétences nationales à la hauteur des défis. Son appel à concevoir et fabriquer des technologies en Afrique met le doigt sur un enjeu décisif : la capacité du continent à produire ses propres solutions.

L’ancienne présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim a élargi cette réflexion à la science, aux infrastructures et à l’intégration des marchés. Dans cette perspective, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre une voie stratégique pour stimuler les échanges, soutenir l’industrie et donner aux entreprises africaines un espace économique plus vaste.

Le message porté à Accra touche également à la responsabilité des dirigeants. Pour Ogiame Atuwatse III, leur véritable héritage dépend des possibilités offertes aux générations futures. La maire de Tema, Ebi Bright, rappelle quant à elle que les engagements politiques doivent se traduire par des résultats dans les écoles, les marchés et les communautés.

La future Déclaration d’Accra devra donner corps à cette ambition. Sa portée dépendra de la solidité des engagements et des mécanismes de suivi.

L’Afrique dispose d’une jeunesse nombreuse, de talents et de marchés prometteurs. Le défi consiste désormais à convertir ces atouts en emplois, en innovation et en souveraineté économique. À Accra, cette exigence s’impose comme une responsabilité historique.

B.N

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