Le Burkina Faso renoue avec son patrimoine ferroviaire. Sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim Traoré, l’État a engagé une opération de reconquête de son réseau ferré, en commençant par une étape incontournable : la libération des emprises ferroviaires victimes d’occupations anarchiques qui en compromettaient l’intégrité. Ce premier acte d’autorité pose les bases d’un redéploiement technique ambitieux, en restaurant la souveraineté de l’État sur un patrimoine national trop longtemps laissé à l’abandon.
L’ampleur du chantier est considérable. Ce sont plus de 622 kilomètres de voie ferrée qui sont concernés par ce programme de réaménagement. L’objectif poursuivi est de remettre en service un mode de transport massifié, économiquement plus accessible et moins exposé aux aléas et aux risques qui affectent quotidiennement le transport routier. Une ambition qui s’inscrit dans une vision cohérente du développement des infrastructures nationales, pensée sur le long terme.
Les retombées attendues de cette réhabilitation ferroviaire sont multiples et complémentaires. Le rail retrouvé sera un vecteur puissant pour le transport de marchandises diverses, des intrants agricoles aux produits manufacturés. En absorbant une part significative du fret qui transite aujourd’hui exclusivement par la route, il contribuera à désengorger les axes routiers saturés et à alléger le coût logistique qui se répercute inévitablement sur les prix finaux supportés par les consommateurs et les entreprises.
La philosophie qui sous-tend ce projet est celle de la complémentarité intelligente entre les modes de transport. Le rail n’a pas vocation à supplanter la route, mais à la soulager en prenant en charge les flux lourds et volumineux qui usent prématurément les chaussées et ralentissent la circulation. Cette articulation entre les deux réseaux permettra de préserver les infrastructures routières existantes, de réduire les délais d’acheminement et de renforcer la fiabilité des chaînes d’approvisionnement sur l’ensemble du territoire burkinabè.
Pour un pays enclavé comme le Burkina Faso, où la logistique représente un défi permanent et un frein structurel à la compétitivité, la relance du ferroviaire est bien plus qu’un simple chantier d’infrastructure. C’est un levier de souveraineté économique.





