Lomé a vibré au rythme d’une ambition continentale. Réunis à l’occasion de la Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026, les présidents togolais et rwandais ont livré un plaidoyer commun et sans ambages : il est temps que l’Afrique arrête de se regarder comme une somme de territoires fermés et commence à fonctionner comme un espace uni, fluide et souverain.
Le PC Faure Gnassingbé a mis les mots justes sur un paradoxe qui exaspère depuis trop longtemps les voyageurs et opérateurs africains : sur ce continent aux cinquante-quatre nations, il est souvent plus simple et moins coûteux de rallier Paris ou Londres qu’une capitale voisine. Une absurdité héritée de décennies de fragmentation économique, que le Marché unique du transport aérien africain, le MUTAA, entend précisément corriger.
Pour le Président du Conseil togolais, ce chantier dépasse largement la sphère aéronautique. Il s’agit d’un projet de souveraineté, d’une reconquête par l’Afrique de sa propre géographie, trop longtemps organisée au profit des routes et des intérêts extérieurs.
Le Président Paul Kagame, lui, n’est pas venu avec des discours mais avec un exemple. Le Rwanda a supprimé les restrictions de visa pour l’ensemble des ressortissants africains, démontrant qu’une volonté politique claire peut transformer en réalité ce qui semblait relever de l’utopie. Un modèle que le président rwandais invite ses pairs à méditer et à reproduire.
Derrière ces prises de position convergentes se dessine une conviction partagée : sans connectivité aérienne réelle, sans libre circulation des personnes et des biens, l’intégration continentale restera un vœu pieux. Le ciel africain, pour l’heure encore fragmenté et sous-exploité, pourrait bien devenir le prochain grand terrain de conquête de la souveraineté africaine.





