Les États ouest-africains disposent d’un nouvel appui pour lutter contre la pêche illégale. Le 28 octobre 2026, à Dakar, la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) et l’ONG Global Fishing Watch ont conclu un accord pour faciliter le partage des données sur les mouvements des navires. L’objectif est de repérer les bateaux qui exploitent les ressources marines sans respecter les règles.
Dans les eaux de la région, la pêche illégale prive les pays de revenus importants et menace les activités des pêcheurs artisanaux. Certains navires industriels coupent leurs systèmes de localisation, pénètrent dans des zones interdites ou transfèrent leurs prises en mer pour échapper aux contrôles. Ces pratiques réduisent les quantités de poissons disponibles et fragilisent les familles qui vivent de la pêche.
Grâce à ce partenariat, les services de surveillance pourront croiser les images satellitaires avec les données de déplacement des navires. Les autorités disposeront ainsi de meilleurs moyens pour identifier les bateaux suspects, vérifier leurs autorisations et organiser des contrôles en mer.
L’accord concerne les sept pays membres de la CSRP. Cette coopération régionale compte, car les navires peuvent quitter les eaux d’un pays pour poursuivre leurs activités dans celles d’un voisin. Le partage des informations facilitera leur suivi et limitera les possibilités d’échapper aux contrôles en changeant de zone.
L’enjeu touche directement les économies locales. Au Sénégal, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone ou au Liberia, la pêche fait vivre de nombreuses communautés côtières. Lorsque les navires industriels capturent des quantités importantes de poissons sans respecter les règles, les pêcheurs locaux risquent de voir leurs prises diminuer. Les États perdent aussi des recettes liées aux licences et aux activités de pêche.
Le partenariat devra toutefois produire des résultats concrets. Les alertes devront déboucher sur des inspections, des enquêtes et des sanctions lorsque les infractions sont établies. Les services nationaux auront également besoin d’agents formés et de moyens suffisants pour intervenir rapidement.
Avec cet accord, la CSRP renforce les moyens de surveillance des pays côtiers face aux navires qui exploitent illégalement leurs eaux. La priorité est désormais de mieux protéger les ressources halieutiques, de défendre les revenus des pêcheurs artisanaux et de faire respecter les règles dans les espaces maritimes ouest-africains.
Brenda N’dri
